Miss Marion vous a parlé il y a quelques jours de la fameuse « collection capsule » de Sonia Rykiel pour H&M qui arrivait le 20 février dans quelques H&M privilégiés de France et de Navarre… Et plus par expérience socio-journalistique (si, si) que par pur goût de la mode et du tricot, je décidai d’y aller (tôt) pour vous relater ce moment… Je ne fus pas déçue….
Mais il faut tout d’abord que je vous recadre l’histoire et mon vécu dans tout ça… Et vous prie d’ores et déjà de me pardonner pour l’absence totale de photo dans ce post, vous comprendrez pourquoi en lisant plus bas (parfois la survie passe avant le devoir)…
Pour ne pas y aller seule, the more the merrier, j’avais convaincu mon amie du taf Mle K et demandé à Dds de venir avec moi. Notre plan d’attaque était simple : Mle K devait accompagner ses parents à 07h30 pour prendre un bus (une sombre histoire de dégustation d’oursins…), elle irait directement devant le magasin juste après, nous la rejoindrions dès que possible : providentiel !
Sauf que… la veille… par amour de la plage et de la nature… par goût du romantisme et par une incroyable tempête, je décidai vers 20h00 d’aller regarder sur la Promenade des anglais les vagues s’écraser tel un feu d’artifice sur les rochers… et là ce fut le drame : une énorme vague jaillit, elle éclate, saute sur le trottoir, je me retourne, elle me poursuit, j’entends les galets claquer sur le goudron, je cours, glisse sur une plaque d’égoût grâce à mes low boots semelle en cuir Berschka et me vautre lamentablement avec ma jambe gauche vrillée… A Vancouver, à l’épreuve libre court du patinage artistique j’aurais pu écoper d’un « five point seven », là je me suis juste mangée une double entorse genou / cheville !!!
Me revoilà donc au matin du 20 février, 07h du mat’, avec trois chevilles et trois genoux, un réveil matin qui sonne, une douleur olympique, un message de Dds qui passe son tour et ma copine qui me téléphone, « ça y est, j’y suis, il y a déjà du monde, arrive quand tu peux… » Ouais, quand je peux… Honnêtement, si elle n’avait pas déjà été sur place, j’aurais fait triple loots piqué et hop, sous la couette… Je ne vous parle même pas du regard désapprobateur de mon tendre me voyant partir « Tu vas aux urgences là? » – Non, non, j’ai juste une course à faire avant…
J’arrive donc à 08h15 en scooter (j’vous dit pas la galère pour le mettre sur béquille avec la jambe de chez Ikea), pas coiffée, pas maquillée et me retrouve déjà face à une bonne vingtaine de personnes (19 filles certaines ultra lookées – respect à cette heure si matinale – et un mec qui garde la place le temps que sa copine se réveille- how cuuuute !) faisant sagement la queue le long de la vitrine : ma copine est number 3 !!! Elle a donc déjà eu le temps de se faire des copines de file d’attente et me résume « pour Jimmy Choo, c’était pire en people mais au moins, on avait du café et des croissants. Y’avait aussi les barrières (ce qui évite aux personnes peu courtoises de se lever à 9h, de se pointer 1/4 d’h avant le oh-combien-attendu levé de rideau de fer et de nous n*****) ». Le temps passe, ma copine remplace Jimmy Choo et va chercher du café et des chouquettes pour nos nouvelles connaissances rykielesques et nous voilà parties pour de trés looooongues heures d’attente. La file fait bientôt le tour du pâté de maison, l’excitation monte (avec ma douleur), on écoute les gens autour de nous qui mettent au point leur dernière stratégie : « Toi tu me prends la marinière en S, toi tu descends et t’essaies de me prendre la robe pull, quand tu rentres, chope le sac à gauche, pour 2.95, on va pas se priver… » Des rumeurs courent : « Ils ont mis l’enfant au rdc, et ont répandu la collection femme au sous-sol et 1er… » et tout à coup, les vautours sont là, on sent leurs ombres planer sur nous, celles qui viennent de se lever et qui sont fraîches… prêtes à bondir… J’entends : »C’est la guerre! » ou encore « C’est celle-là avec qui je me suis pris la tête pour la collection de sous-vêtements, elle a fait le même coup ».
Il est 9h30 quand une rivale commence alors à nous défier (« ouh la la j’ai peur! ») et à se poster face à nous, puis deux, puis trois… bientôt toutes celles qui étaient derrière nous nous abandonnent et font de même, elles créent une deuxième file! Trahison! Un seul plan possible : unir nos forces, faire front et se mettre direct devant la grille, comme les fans de Tokyo Hotel !!! Pathètique ! Le ton monte, j’entends au vol quelques « idiotes » ou « filles de joie » et moi, je commence à flipper ! Je me retrouve encerclée par des filles bourrées d’oestrogènes prêtes à se crêper le chignon et courir dés que le drapeau sera baissé et moi, j’suis un transformer ! Je m’accroche à Mle K, une jeune fille me prête volontiers son bras au cas où, une vieille dame dit à sa fille de faire attention à Mademoiselle qui est « handicapée », j’entends une autre dire à sa copine « tu te rends compte ce qu’on est en train de faire, moi je le raconte à personne, j’ai trop honte ! » et moi je pense qu’à une chose « on va me piétiner ! ». Le temps passe encore, il est 09h50, les vigils de l’autre côté du rideau de fer s’agitent, une vieille dame habillée de pied en cap en Rykiel tambourine sur les portes en demandant les barrières (?!), les filles commencent à crier !
10h00, l’heure de rentrer dans le sacro-saint est arrivée !!! Un responsable sécu scande à travers le grillage : « Mesdames, je vous demande d’attendre la levée complète du rideau et de rentrer calmement. A la première bousculade, ou si quelqu’un tombe, nous fermons les portes. Ne vous inquiètez pas, il y a de la marchandise pour trois jours ! ». La première partie de sa première phrase fut respectée, on devait être toutes trés mignonnes en train de regarder cette masse métallique monter, monter… Mais bientôt les jolies pokemons prirent leur forme courroucée et je fus hapée par la foule, et comme une petite toupie, je tourbillonnai jusqu’à la collection classique – mais désertée - H&M, mon instinct de survie me conseillant de rester là… Je fus alors spectatrice d’un bien étrange ballet : à ma gauche, la foule continuait à rentrer en un flux régulier alors qu’à ma droite, une explosion de rayures, de rose, jaune, noir… J’entends alors crier mon nom : je lève les yeux, et vois dans l’escalator Mle K brandir avec fierté les pièces convoitées : il ne me reste qu’à trouver le p’tit gilet rose et noir, j’ose alors faire un pas et entrer dans un coupe-gorge… N’étant pas une habituée, je m’installe près du portant et commence à chercher ma taille ce qui me vaut quelques soupirs d’agacement. Apparemment, c’est pas comme ça qu’il faut faire ! Chaque femme arrive et arrache une poignée de ceintres, au p’tit bonheur la chance… De retour dans ma tranchée j’attends Mle K qui revient les cheveux ébouriffés, chargée d’une dizaine de pulls et robes en tout genre, je n’ai plus qu’à faire mon choix. Bref, en 10 minutes, j’arrive à dégoter pour 110 euros de marchandises, on m’en propose 100 pour un seul pull à 30… Sur le chemin vers la caisse les gens font leurs emplettes dans vos bras (!), un vigil est même obligé d’intervenir pour rendre à Mle K ce qui appartient à Mle K !!! Un truc de dingue !!! Mon enquête sociale bouclée, ma soif de mode assouvie, mon âme abasasourdie, je pus enfin penser à mon corps et me diriger vers les urgences, qui, pour un samedi, étaient beaucoup plus calmes que le H&M ! En tout cas, aprés avoir réfléchi, et malgré mon expérience de clubbing, concerts et festivals internationaux, je ne me rappelle pas avoir vécu ce genre d’hystérie collective (à noter que je ne suis jamais allée voir les 2be3 en concert, c’est peut-être pour ça). Mes derniers gros évènements (U2 et Prince) furent une thalasso-thérapie comparativement…
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Mots-clefs : bershka, H&M, jimmy choo, Sonia Rykiel







Il est bon cet article!
Bravo aux courageuses..
ben merde , si cetait pire que pour jimmy choo !!! la mode rends les femmes folles !!!!!! meme pour les soldes les gens ne se battaient pas comme ca !!!! enfin pour les hommes
Oh oui, bravo ! trop rigolo ton article (ps : je regrette pas trop trop de pas être venue finalement…) !
[...] 3° Les keupines Gwen et DDs , accompagnées de la friend Mle K, étaient aussi de la partie, pour la ptite histoire, je vous laisse le plaisir de lire ce post [...]
[...] là, chez Les Keupines, Gwen nous offre un récit de campagne, sans photo ni trompette mais super poilant. Surtout au [...]
Ton récit se lit comme du Kinsella… j’ai adoré !
On est toutes les deux citées dans la revue de Besnob du jour et je suis ravie d’avoir ainsi pu découvrir ton blog !
N’hésite surtout pas à venir mettre le lien dans les commentaires sous le mien
Partageons les témoignages et le tien en vaut 10 !!!
http://www.chicandgeek.com/mode/sonia-rykiel-for-hm-la-maille/
J’applaudis l’exploit et j’espère que ta cheville va mieux.
Pareil : jamais vu une telle folie furieuse.
Mais face aux revendeurs sur ebay, j’ai décidé de faire un geste et j’offre une grande partie de mon shopping dans un concours ce matin sur notre blog…
Alors si tu veux participer, ou relayer l’information, ce serait adorable !
Merci et bisous
Anne
Bravo à MA GWEN elle a du talent dans tout et c’est ma Fille d’Amour. Je n’en ai qu’une mais c’est la plus merveilleuse pour MOI et je suis heureuse que beaucoup de people l’apprécie.
Bien dit maman de Gwen
j’aimerais bien que ma maman elle me laisse aussi des gentils comments comme ça …. !
Effectivement,
quel talent…..ne nions pas l’évidence
des Gwen,il n’y en a qu’une et c’est pour cela qu’on l’aime
Félicitations,je n’ai que ce mot qui me vient a la bouche
MERCI!!!!!!!!!!!!!!!!
Oh stefano c’est toi ???
Oui Kaki,lui meme en personne!!
Vous 2 c’est une affaire qui roule
En tout cas felicitations pour votre blogs
au plaisir de te revoir