Musique

9 juin 2012

Le grand oral de Mathieu Neil

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Comme tous les vrais parisiens, Mathieu Neil est né à La Rochelle.
Bon en fait on s’en fout.

Dernier né dans la catégorie chanteurs à mèches, look propre sur lui, tronche de gendre presque idéal, plus fun que Biolay, plus sexy que Bénabar et tellement moins irritant que Maé, la valeur montante de la scène parisienne boxe dans la catégorie chansons à textes.

Plutôt bien troussés d’ailleurs, les textes. C’est accessible, drôle, léger sans être superficiel, le tout sur fond de musique un poil pop (Non d’ailleurs, pop tout court un poil rock).

Bref, l’équation Neilienne fonctionne. En tout cas, à l’heure où nous bouclons ce papier, sa guitare ne s’est toujours pas suicidée. Reste maintenant à savoir si Mathieu Neil pense aussi bien qu’il écrit.

A l’occasion de la sortie de son nouvel EP, il a accepté de repasser l’épreuve de philo pour les keupines… Et comme on est pas des peaux de vaches (enfin si, mais pas complètement) on lui a pioché des sujets sur mesure.
Andiamo…

Bac 97 : L’artiste peut il tout se permettre ?

Élève Neil (emmerdé par la question) : Non, l’artiste ne peut pas tout se permettre. Déjà l’artiste n’est pas toujours le même sur scène et dans la vie. (Oui. Et alors ?)

En tant qu’artiste on se doit d’avoir une certaine liberté d’esprit, c’est vrai, surtout si on veut sortir du lot… Donc sur certaines choses, oui l’artiste peut tout se permettre…(confus)
Enfin… Il peut tout se permettre en restant dans une certaine éthique.

Par exemple il y a certaines choses que je me refuse à faire. J’essaye de ne pas tomber dans la facilité en tant qu’auteur et surtout, j’ai besoin de sentir que je peux chanter mes textes sans être en désaccord avec moi-même. Je ne me permets pas de chanter quelque chose que je n’assume pas intellectuellement. Et quitte à faire dans le politiquement correcte, je m’interdis d’aborder des sujets qui pourraient choquer. De toute façon je n’en vois pas l’intérêt. Après, j’aime parfois être sur la ligne, vous voyez ???

« Ma petite vieille d’en face », finalement, ce n’est pas autre chose que l’histoire d’une grand-mère avec une libido un peu exacerbée pour son âge. C’est un thème saugrenu, la sexualité des vieux. Mais ce qui compte, c’est la façon dont on l’aborde.

Bac 92 : Est il préférable d’être connu, ou reconnu ?

Elève Neil : Bien sur, on apprécie qu’il y ait du monde sur les concerts. Maintenant, être connu dans la rue… très honnêtement, ça n’a aucun intérêt. Personnellement j’apprécie de pouvoir diner dans un restau tranquille. Je pense que ça peut faire plaisir au début, hein, on ne va pas se mentir… Mais allez demander à Dujardin s’il n’en a pas marre de signer des autographes à tour de bras. L’important finalement, ce n’est pas tant d’être connu… c’est ce pourquoi on est connu.

En tant qu’artiste par exemple, il est indispensable d’être reconnu par ses pairs. Reconnu pour son travail donc.

Dans ce cas, seriez vous prêt à être reconnu par la profession et ignoré du grand public ? (Yek yek yek !)
Pour être terre à terre, on a besoin d’un minimum de budget pour exercer ce métier. Donc ça passe forcement par la reconnaissance du public.

Bac 01 :Suffit-il d’être doué pour être qualifié d’artiste ?

Élève Neil (tente une citation pour appuyer le propos):
Comme le dit le proverbe « l’art c’est 10% de talent, 90 % de travail » (Si il rajoute le mot sueur, il nous refait le générique de Fame, NDLR)
Finalement, le don n’est pas forcement la réussite. Pour être un artiste, il faut être un peu fou, mais aussi savoir faire les bons choix, au bon moment. Et puis c’est quoi, être un artiste ?

Il y a des gens qui sont des artistes dans l’âme mais qui ne produiront jamais rien. Est-ce que par la réflexion, finalement, on ne perd pas un peu de créativité ? Je n’en sais rien.
Mais à mon sens, pour que le don existe vraiment, enfin, concrètement, il faut beaucoup de travail.

Question bonus (parce qu’on avait envie de rigoler) : Le bonheur consiste il à se faire plaisir ?

Élève Neil (catégorique) : Non. Faire tout ce qui nous plait peut rendre malheureux. Surtout si ça impacte l’entourage. Le bonheur consiste à se poser à soi même des limites. Et finalement, savoir résister, ne pas faire systématiquement tout ce qui nous fait envie, ça, ça peut rendre heureux.

Si les réponses de Mathieu Neil ne vous ont pas convaincus, la repêche c’est en live, le 14 juin au Lautrec (Paris 18ème), à l’occasion de la sortie de son nouvel EP : Eponyme.
Pour en savoir plus : rdv sur facebook ou sur son site : www.mathieuneil.com

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